Photo du mois et escapade en Birmanie

16 juin 2025

Pour le tirage d'art du mois, aucun sommet enneigé à l'horizon. Je vous emmène plutôt vers une destination mythique qui me fascine depuis des années : les plaines des temples antiques de Bagan, en Birmanie.

Certains l'appellent Myanmar, mais je préfère toujours le nom de Birmanie. Pour moi, il évoque des chats aux yeux saphir, des pierres précieuses, le mystère et la poésie. Derrière ce choix de mots se cache une histoire politique douloureuse : en 1989, la junte militaire a officiellement imposé le nom de « Myanmar » et a découragé l'utilisation du terme « Birmanie », notamment par la figure de proue de la démocratie, Aung San Suu Kyi.

Avant mon départ, je me suis plongée dans la culture birmane en lisant *Le Palais de verre* d’Amitav Ghosh, un roman qui m’a profondément marquée bien avant que je ne mette les pieds sur cette terre extraordinaire.

En avril 2025, j'ai enfin découvert l'un des plus grands trésors archéologiques d'Asie du Sud-Est : plus de 2 500 temples et pagodes bouddhistes répartis sur à peine 50 kilomètres carrés, faisant de Bagan le deuxième plus grand site archéologique d'Indochine après Angkor Vat.

Le voyage lui-même totalement chamboulé par un tremblement de terre. Les communications à Bagan ont été coupées, et le tourisme avait presque complètement disparu. C'était un moment étrange, comme suspendu dans le temps. Pourtant, cet isolement m’a offert exactement ce dont j’avais rêvé : une forêt silencieuse de temples comme une scène onirique d'un autre temps.

Chaque soir, accompagnée de mon fidèle Canon EOS R5 Mark II, je partais à la recherche d'un nouveau point de vue pour photographier le coucher de soleil sur l'ancien royaume de Bagan.

La plupart du temps, il ne se passait rien. De gros nuages voilaient le soleil avant même que la lumière n’ait eu le temps de prendre des teintes roses. C’est souvent là tout le défi de la saison sèche en Birmanie : l’atmosphère est incroyable — air chaud, brume, fumée et poussière flottant au-dessus des plaines — mais le ciel reste tellement voilé que la lumière s’estompe sans jamais s’embraser.

Mais ce soir-là… tout s'est mis en place.

Les nuages se sont déchirés,  tandis que la poussière, la chaleur et la fumée des feux agricoles voisins ont adouci les contrastes et donné à la scène un aspect presque pictural. Soudain, un flot de lumière dorée a illuminé les temples, et le royaume perdu de Bagan a pris vie exactement comme je l’avais imaginé depuis des années.

Appareil photo et paramètres

  • Canon RF 70-200 mm F2,8 L IS USM
  • 200 mm • ISO 500 • 1/640 s • f/5,6