Les scientifiques les observent, mesurent leur altitude, leur forme et leur évolution, tentent de les faire parler pour prévoir le temps. Mais c'est à notre imaginaire que les nuages s'adressent en premier.
Au-dessus de nos têtes, ils sont les magiciens du paysage. En quelques instants, ils effacent une montagne, voilent une vallée ou gomment l'horizon. Puis ils révèlent de nouveau ce qu'ils avaient caché, comme s'ils redessinaient le monde à leur façon.
Ils jouent avec la lumière. Ils embrasent le ciel au lever et au coucher du soleil, projettent leurs ombres sur les pentes, sculptent les contours du paysage et donnent du caractère aux paysages les plus paisibles. Souls leurs coups de pinceaux, un décor familier devient soudain dramatique, mystérieux ou grandiose.
Toujours en mouvement, ils créent un tableau vivant. Ils jouent à cache-cache avec les sommets, inventent des silhouettes éphémères et dessinent dans le ciel des formes que l'on joue souvent à identifier.
Allongés dans l'herbe, nous les regardons comme on écoute une histoire. Ils stimulent notre imagination, réveillent nos souvenirs et nous invitent à rêver. Entre science et poésie, les nuages sont peut-être les artistes les plus libres de nos paysages : insaisissables, joueurs et toujours capables de créer l'inattendu.